Quelques flocons de pluie argentée s’invitent dans le regard de l’océan. La nef affaiblie par les vents s’acharne à regagner les côtes, accompagnée sur son cheminement par les cris des goélands hallucinés. Le vent est doux mais l’atmosphère est porteuse d’une indicible électricité.

Avez-vous déjà eu cette étrange impression qu’il va se passer quelque chose ?

Le mouvement des vagues s’accentue soudain. Les hurlements lointains venus de terres disparues viennent s’immiscer dans l’écho des profondeurs. Il va y avoir de l’emphase…

Une guitare s’interpose entre le ciel et la mer. Grandiose, théâtrale, magnanime. Tandis que le soleil s’esquive lentement dans la matrice océanique, des notes se découpent, acérées, timbrées, cristallines.

Ecoutez bien… Elles racontent une histoire. La saga d’un voyageur venu d’ailleurs. Un prince de l’espace dont l’astronef a fait naufrage, occasionnant un tourisme forcé parmi le peuple de la Mer.

Son langage est celui des sonorités, sa forme d’expression est le riff, la saccade, les moulinets et les claquements. Lorsque ses doigts défilent sur les cordes, ils transmettent le message d’une nostalgie, d’un décalage. Gilbert Azzam est de passage. Il attend le retour du vaisseau qui viendra le cueillir près du triangle des Bermudes.

En attendant la venue des créatures de l’extase, il joue, abreuve l’horizon de musicalités qu’il propulse dans l’atmosphère en confettis de lumière… Ecoutez sa mélopée, profitez de son escale, aspirez l’énergie d’une mémoire sidérale.
Gilbert Azzam vous dédie ces quelques notes, comme l’on signerait un livre d’or lors de la visite d’une cathédrale flottante…
Daniel Ichbiah
S’il y a des mondes qu’on a pu oublier, Gilbert Azzam nous les rappelle à grandes plaintes électriques et suraiguës, comme libérées d’un carcan. Sa guitare appelle dans un cri sauvage une vie palpitante, dans le désert de l’univers. L’on voyage, peut-être d’époque, mais surtout de temps, le temps où l’amour était ce qui était de plus sacré, où l’amitié forgeait le plus dur des aciers et où l’âme tendait à venir se reposer. Chacun peut écouter les compositions de Gilbert et y trouver l’âme soeur, car cette musique frappe directement en plein coeur.
Gisèle Foucher
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